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Se déplacer à vélo est-il dangereux ?

 

 
Cyclistes, automobillistes, piétons,… tous ont leur mot à dire sur la pratique du vélo en ville. Le discours de ceux qui en parlent sans le pratiquer est évidemment souvent très négatif, avec une remarque très souvent assénée : « Le vélo, c’est dangereux ! »

Pourtant, en prenant du recul, on constate que le nombre de morts à vélo a beaucoup diminué depuis 30 ans et qu’il reste stable depuis 10 ans malgré la forte hausse des déplacements à vélo. Ainsi, le nombre d’accidents ramené au nombre de déplacements à vélo a considérablement diminué.
 Plus précisément, après avoir diminué de plus de moitié en 15 ans (de 1986 à 2000) en France, le nombre total de morts à vélo s’est stabilisé depuis, en fluctuant entre 140 et 200 par an, avec de petites variations à la hausse ou à la baisse d’une année à l’autre (voir graphique), avec plus d’accidents mortels sur route qu’en ville.

Pendant le même temps, le nombre de déplacements à vélo a explosé : selon l’enquête décennale EGT en Ile de France, il a plus que doublé (+114 %) de 2001 à 2010. Les chiffres pour 2016 ne sont pas connus, mais cette hausse s’est assurément poursuivie, voire amplifiée puisqu’il y a au moins 3 fois plus de déplacements à vélo aujourd’hui qu’il y a 15 ans en Ile de France (et en France en général).

Donc le nombre d’accidents à vélo rapporté au nombre de déplacements à vélo a été divisé par 3 en 10 ans. On peut supposer que c’est dû essentiellement à un effet « sécurisation par le nombre », qui incite les automobilistes à plus de prudence et de respect vis-à-vis des cyclistes. Aussi peut-être aux aménagements qui fleurissent dans les villes.

En revanche, le nombre de piétons tués reste plus de 3 fois plus élevé que celui de cyclistes et a fait un bond de près de 20 % en 2016 par rapport à 2015 (+ 91 morts). Pour autant, dans les discussions entend-on souvent : « Tu te déplaces à pied en ville ? Quelle folie, c’est extrêmement dangereux ! »

Il est vraiment difficile de comprendre le pourquoi de ces réactions quand on connaît par ailleurs les bénéfices directs (diminution de la sédentarité) et indirects (réduction de la pollution de l’air) pour la santé : leurs effets globaux sont bien plus importants en terme de santé publique et individuelle que celui des accidents. Il faut souligner aussi que les ¾ des déplacements en voiture font moins de 5 km et pourraient facilement être faits à vélo !

Cela n’empêche pas, au contraire, de se préoccuper dans le même temps de réduire les accidents : chacun, piéton, cycliste, motocycliste et automobiliste, a sa part de responsabilité à prendre pour améliorer son comportement sur la voirie ; mais sans perdre de vue les bénéfices pour la santé qu’apportent les mobilités actives.
 
Merci à Benoit CARROUEE pour son aide à la rédaction de cet article.

 
 
 
Publié le lundi 18 décembre 2017

 
 
 
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